Source Gallica, Bulletin de la Commission historique du département du Nord - 1866, et annuaire statistique du département du Nord - 1836 (textes numérisés)
Bavay, noms anciens : Belgis, Octavie, J. de G., Ch. et Ann. du Hainaut, I. - Baganum Nerviorum, Ptolomée. - Bagacum, Itinéraire d'Antonin et Carte de Peutinger. - Baga co Nerviorum, Table théodosienne. - Bavaium, 1131, Cart. d'Hautmont. - Bavay, 1181, J. de G., Ann. du Hain., XII, 339. - Baveie, 1184, Cart. d'Hautmont. -Bavais, 1197, Arch. de Saint-Jean de Val. Le Carp. Pr. II, 85. - Bavacum, XIVe siècle, Le Glay, Cam. Christ. - Bavay.


Sans révoquer en doute la haute antiquité de la ville de Bavai, nous ne pouvons regarder comme digne de foi ce que quelques auteurs ont rapporté sur son origine merveilleuse. Ces auteurs (Guise, Vignère et autres.) ont prétendu qu'un roi de Phrygie, nommé Bavo, parent du roi Priam, craignant que les Grecs, vainqueurs de Troie, n'envahissent ses États pour le punir d'avoir donné asile aux troyens échappés au massacre, fit équiper secrètement des vaisseaux sur lesquels il s'embarqua, suivi d'un peuple immense et de 200,000 soldats, à la tête desquels il vainquit toutes les nations jusqu'au Rhin, prit le titre de roi des Belges et bâtit une ville qu'il nomma Belgis et qui depuis reçut le nom de Bavay.
Il suffit de lire ce récit pour reconnaître combien il est fabuleux.


En effet: Le nom de Bavo est totalement inconnu dans l'histoire. D'un autre côté il est au moins singulier qu'un roi qui dispose de 200,000 combattants se sauve de ses États sans essayer de s'y défendre, et cela, dans la crainte, imaginaire peut-être, d'une invasion ennemie.


Et puis quelles étonnantes ressources maritimes possédait donc ce roi de Phrygie pour se faire transporter avec 200,000 soldats et tout un peuple, femmes, enfants, vieillards, devant, le tout ensemble, former une masse de plus 500,000 individus? Les vaisseaux, de l'antiquité étaient comme on sait d'une dimension incomparablement au-dessous de celle de nos bâtiments modernes, et il serait curieux de calculer quel nombre immense de ces vaisseaux le prétendu Bavo dut employer à une pareille transmigration, que toutes les forces réunies de l'Europe ne sauraient probablement opérer aujourd'hui.


Ces réflexions, et beaucoup d'autres qu'il serait trop long de rapporter ici nous ont donné la conviction que l'histoire de Bavo et tout ce qu'on a raconté sur le règne de ce roi et de ses successeurs dans la cité de Belgis est absolument controuvé. Cette opinion, d'ailleurs, n'est pas seulement la nôtre ; elle est également celle de plusieurs hommes distingués par leurs talens et leurs lumières qui l'ont exprimée avant nous dans leurs écrits.


Il est certain, néanmoins, que Bavay existait avant la conquête des Gaules par Jules-César, l'an 56 avant J.-C. ; mais il reste douteux si elle était alors une ville importante ou seulement une simple bourgade, un lieu couvert d'habitations éparses. Le P. Vinchant, dans ses annales de la province du Hainaut, prétend que Bavay, avant la domination romaine, était la ville capitale des Nerviens, et il fonde son avis sur ce que cette ville semble être ainsi désignée par la dénomination de Bagacum Nerviorum qui lui est donnée, tant dans l'itinéraire d'Antonin que dans la carte de Peutinger. Ce fait a paru, sans doute, un indice suffisant aux auteurs qui ont partagé l'opinion du P. Vinchant, et notamment au P. Wastelain ( Description de la Gaule-Belgique.) ; mais il faut croire que d'autres ne l'ont pas trouvé concluant au même degré, puisqu'ils ont affirmé que, lors de l'invasion des Romains, Bavay n'était qu'un rassemblement de cabanes entourées d'un fossé et de palissades ou d'un mur de terre.


Nous laissons aux savants à discuter ce point d'histoire, qu'il ne nous appartient pas de décider. Ce qui n'est pas contesté, c'est que Bavay, capitale ou non, faisait partie du territoire des Nerviens, peuple guerrier et d'un courage extraordinaire qui occupait tout le Hainaut et la partie du Cambrésis située à droite de l'Escaut.


Ce peuple a laissé peu de notions sur sa puissance, ses mœurs, sa constitution politique ; on sait cependant qu'il était très nombreux et adonné à l'agriculture ; que son gouvernement, de forme aristocratique, se composait d'un sénat, au-dessous duquel étaient deux classes privilégiées, les Druides et les nobles ou chevaliers,
seules appelées à gérer les affaires publiques. Quant au peuple, presque esclave, il n'y prenait aucune part.


Les Romains, sous la conduite de Jules-César, après avoir défait les Suisses et les Germains, l'an 56 avant l'ère vulgaire, s'avancèrent vers la Gaule-Belgique pour l'envahir et y établir leur domination. Les Nerviens, à leur approche, prirent la résolution de mourir plutôt que de se soumettre au joug de ces conquérants. Ils appelèrent à leur aide plusieurs nations voisines et formèrent une puissante armée qui se rendit au-delà de la Sambre pour en défendre le passage.


Les Nerviens, ayant aperçu l'ennemi qui commençait à se ranger en bataille, l'attaquèrent à l'improviste et avec une telle impétuosité, que les troupes de César, étonnées, se mirent en désordre et auraient pris la fuite sans les efforts de leur chef.

 

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